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Tableau de prospection : comment construire le tien ?

3 août 202611 min de lecture
Icône Google Sheets en 3D sur fond vert, symbole du tableau de prospection
Alexia, co-fondatrice de Yuply
Par Alexia de Yuply

Si tu es ici, soit tu veux créer ton premier tableau de prospection !

Soit tu as déjà créé un fichier de prospection quelque part. Un onglet Google Sheets, peut-être un Excel avec un nom du type "Prospects_Final_v3".

Les premiers jours, tu l'ouvrais chaque matin, tu mettais à jour les statuts, tu notais les relances prévues. Et puis, une semaine, deux semaines. Et maintenant il est là, il attend, avec ses 35 lignes à mettre à jour.

Et en vrai… c'est ça le vrai problème du tableau de prospection. Ce n'est pas tant un problème technique, c'est un problème d'organisation.

Alors on va voir ensemble comment construire un tableau de suivi de prospection qui tient sur la durée, quelles colonnes choisir, pourquoi la plupart finissent abandonnés, et comment éviter que ça te coûte réellement des opportunités commerciales.

C'est quoi un tableau de prospection ?

Un tableau de prospection, c'est un fichier, le plus souvent Excel ou Google Sheets, qui centralise les informations sur tes prospects et l'historique de tes échanges avec eux. Nom, contact, statut dans ta démarche de prospection commerciale, date du dernier échange, prochaine action prévue. C'est la version la plus simple d'un suivi de prospection, et c'est souvent la première chose qu'on crée quand on se dit qu'il faut "s'organiser".

La différence avec un CRM est simple : un tableau est statique, tu le mets à jour manuellement. Un CRM (Customer Relationship Management, un outil qui centralise et automatise le suivi de tes contacts) gère les relances, détecte les doublons, synchronise les échanges. Le tableau de prospection, lui, c'est une sorte de mémoire externe que tu alimentes à la main.

(Et comme toute mémoire externe alimentée à la main, il est fidèle au niveau de discipline avec lequel tu le remplis…)

Pour un freelance, un consultant ou un prestataire de services qui démarre, un tableau de prospection est souvent un bon point de départ. Il ne demande aucun investissement, aucune formation, et un peu de temps de mise en place. Tu ouvres un Google Sheet, tu ajoutes quelques colonnes, et tu commences.

C'est LE principal avantage.

Les colonnes qui comptent dans un tableau

Le premier réflexe quand on crée un fichier de prospection Excel, c'est d'ajouter des colonnes. Et pour la plupart d'entre nous… beaucoup de colonnes. Secteur d'activité, taille de l'entreprise, source du contact, score de qualification, niveau d'intérêt estimé sur une échelle de 1 à 5... On pense que plus on fait complexe, mieux c'est 😅.

Et ce réflexe produit invariablement un tableau trop complexe que personne ne remplit sérieusement après quelque temps.

Après 2 ans en tant qu'indépendante à avoir créé des tableaux (et finalement tout abandonné pour créer Yuply, mon propre CRM pour indépendants), je pense qu'il te faut seulement quelques colonnes essentielles pour commencer :

  • Nom et entreprise : le contact et le contexte
  • Canal de premier contact : LinkedIn, email, appel, recommandation, inbound
  • Statut : à contacter, contacté, en échange, relance prévue, proposition envoyée, gagné, perdu, froid
  • Date du dernier échange
  • Prochaine action + date (c'est la colonne qui fait tout fonctionner, ou pas)
  • Commentaire libre : ce qu'on a dit, ce qu'on a promis, ce qu'il faudra rappeler lors du prochain échange

Tout le reste est décoratif dans la plupart des cas, à part si tu as des subtilités indispensables liées à ton activité ou ton secteur.

Comment construire ton tableau de prospection en partant de zéro

Étape 1 : commence par ce que tu as déjà

La plupart des guides sur le sujet te demandent de repartir de zéro, une nouvelle page vierge, une nouvelle énergie. Mauvais réflexe. Avant de créer ton tableau de prospection, l'exercice vraiment utile est d'inventorier ce qui existe : les échanges de mails des trois derniers mois, les conversations LinkedIn sans suite, les appels de découverte dont tu n'as jamais eu de retour, les propositions envoyées qui sont restées sans réponse.

C'est là que le suivi de prospection a le plus de valeur dans les premiers jours : pas dans l'acquisition de nouveaux contacts, mais dans la récupération de ce qui existe déjà.

L'erreur, c'est de mettre toute ton énergie sur la recherche de nouveaux prospects alors qu'on n'a pas encore fini avec les anciens. La plupart des indépendants traitent leur pipeline comme un entonnoir à sens unique : si ça ne donne rien dans la semaine, on passe à autre chose. Nouvelle campagne, nouveaux contacts, nouvelle énergie. Résultat : des dizaines de conversations entamées qui ne sont pas relancées dans la durée, des clients satisfaits qu'on n'a jamais recontactés, des prospects tièdes qui auraient dit oui quelques semaines plus tard si quelqu'un avait pensé à leur envoyer un message au bon moment.

Étape 2 : décide de tes statuts avant de commencer à remplir

Le piège classique : copier les statuts d'un template générique sans les adapter à ton activité. "Lead qualifié", "opportunité", "en négociation".

Pour un freelance ou un consultant qui gère ses propres ventes, des statuts simples fonctionnent mieux que des statuts sophistiqués. Et surtout : chaque activité a ses propres statuts.

Si tu es photographe, peut-être qu'il y a certaines étapes clés avant de signer avec un client, et peut-être que ces étapes sont différentes si tu es freelance en UX design.

Tu dois à tout prix faire simple plutôt que "vague". La question toute simple à se poser pour chaque statut : est-ce que je sais exactement quoi faire avec un prospect dans cet état ?

Exemple de statuts qui marchent bien pour un indépendant :

"À contacter" / "Premier contact fait" / "En échange actif" / "Proposition envoyée" / "Relance prévue" / "Gagné" / "Perdu" / "Frozen"

Je trouve ça intéressant d'avoir ce statut "Frozen" (gelé en anglais) pour tous les prospects qui ne sont pas pertinents maintenant, mais éventuellement pour les prochains mois, même s'ils ne l'ont pas spécifié explicitement. Ces contacts sans potentiel immédiat, trois à six mois plus tard, leur situation aura peut-être changé, leur budget sera débloqué, leur projet aura avancé. Un bon tableau de suivi prospection garde la trace de tout, même des contacts en pause.

Étape 3 : la colonne la plus actionnable

Pour moi, la colonne "Prochaine action + date" change tout. C'est la colonne qui sépare un tableau de prospection utilisé d'un simple fichier stocké dans Google Drive.

Filtre cette colonne par date croissante. Ce qui est en haut de ta liste, c'est ce que tu traites ce matin. Pas les lignes dans l'ordre où tu les as ajoutées. Pas les contacts les plus récents. Ce que tu avais décidé de faire à cette date précise.

Cette mécanique simple reproduit, à faible coût, ce qu'un bon CRM fait (ou devrait faire) automatiquement. La différence : tu le fais manuellement. Ça fonctionne correctement, mais uniquement si tu ouvres le fichier régulièrement.

La discipline pour mettre à jour le fichier n'est pas énorme en soi. Après chaque échange ou action clé, tu prends trente secondes : ouvrir le fichier, retrouver la ligne, noter ce qui s'est dit, mettre à jour le statut, planifier la prochaine action.

L'importance de garder ton tableau à jour

Un tableau de suivi de prospection, par définition, vieillit vite. Un contact change d'entreprise, une entreprise déménage, un freelance avec qui tu avais échangé s'est lancé sur un autre projet. Ton tableau ne le sait pas. Il continue d'afficher les mêmes données, de plus en plus déconnectées de la réalité. Mais ça, à la limite, ce n'est pas si grave !

L'aspect crucial à prendre en compte, c'est celui-ci : chaque ligne du tableau avec une "prochaine action" non faite représente une conversation entamée qu'on n'a pas conclue. Pas forcément une vente perdue immédiatement, mais une opportunité qu'on n'a pas nourrie.

Ce qui m'a motivée à lancer Yuply (+250 utilisateurs indépendants aujourd'hui), c'est que les leads perdus ne le sont pas parce que le produit ou le service ne convenait pas. Ils sont perdus parce que la relance n'est jamais arrivée, ou est arrivée trop tard, sans contexte, sans raison valable d'être là. Quand ton tableau est à jour, tu peux relancer au bon moment avec le bon message. Un détail de la dernière conversation. Une information nouvelle sur leur situation. Ce contexte, un tableau de prospection peut le stocker dans la colonne commentaires.

Mais comme le fichier de prospection Excel n'a pas de mémoire propre, il ne te relance pas. Il ne sait pas que Florence, ton prospect, avait dit "rappelle-moi en avril".

Quand passer à mieux qu'un fichier Excel ou Google Sheets

Il y a un seuil, difficile à définir précisément mais facile à reconnaître quand on l'atteint. Le tableau de suivi de prospection commence à poser problème quand tu passes de plus en plus de temps à chercher dans ton fichier. Quand tu n'arrives plus à retrouver une conversation sans fouiller les mails. Quand tu as des dizaines de contacts actifs à gérer. Ou quand tu rates une relance parce que le fichier n'était pas ouvert ce jour-là.

À ce moment, le problème d'organisation dont je te parlais devient un problème d'outil.

La plupart des recommandations que tu liras sur Google ou ChatGPT à ce stade te dirigent vers HubSpot, Salesforce, ou Pipedrive. Des outils conçus pour des équipes de vente structurées.

Pour un freelance ou un consultant qui répond à des messages entre deux clients, qui n'a pas un pipeline de 500 leads, ces outils sont souvent démesurés. La courbe d'apprentissage est décourageante, et configurer un HubSpot pour une activité en solo ressemble (à mon humble avis) à acheter un camion semi-remorque pour faire les courses.

Des rapports comme State of Sales de HubSpot disent eux-mêmes que la majorité du temps perdu en prospection vient de tâches manuelles dans des outils mal adaptés à la réalité quotidienne du commercial. Pour un indépendant, c'est encore plus vrai.

Les études de LinkedIn Business sur les habitudes de prospection B2B montrent régulièrement que les outils complexes sont soit abandonnés, soit utilisés au quart de leur potentiel.

Ce qu'il faut chercher à ce stade, c'est quelque chose de simple et de dynamique, qui se remplit quasi automatiquement et qui te rappelle qui relancer et quand. Un outil conçu pour les habitudes d'un prestataire solo, pas pour une équipe de 12 commerciaux. Quelque chose qui ne te demande pas 20 minutes de saisie par semaine pour être à jour, parce que si c'est le cas, il sera abandonné très très rapidement.

Bon, je crois que c'est à ce moment-là que je te parle de Yuply ! J'ai créé Yuply, le CRM ultra-simple et prêt à l'emploi pour les indépendants. C'est exactement parce que je ne voulais pas avoir à choisir entre un fichier Excel pas dynamique et un CRM sur-dimensionné que je l'ai créé. Il est directement connecté à LinkedIn, Instagram, WhatsApp et tous les autres outils que tu utilises au quotidien !

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Questions fréquentes sur le tableau de prospection

C'est quoi un tableau de prospection ?

Un tableau de prospection est un fichier Excel ou Google Sheets (la plupart du temps) qui centralise les informations sur tes prospects et tes actions commerciales : coordonnées, statut dans ta démarche, date du dernier échange, prochaine action prévue.

Quelles colonnes mettre dans un tableau de suivi de prospection ?

Les colonnes indispensables : nom et entreprise, canal de premier contact, statut, date du dernier échange, prochaine action avec date, et un champ commentaire libre. La règle : si une colonne n'aide pas à décider quoi faire ensuite, elle n'a probablement pas sa place.

Comment créer un tableau de prospection sur Excel ou Google Sheets ?

Crée une ligne par prospect avec les colonnes essentielles. Active les filtres sur chaque colonne pour pouvoir trier par statut ou par date de prochaine action. Puis filtre chaque matin sur la colonne "prochaine action + date" pour voir qui traiter en priorité. La structure n'est pas ce qui compte le plus ; la discipline de mise à jour après chaque échange, oui.

Quelle différence entre un tableau de prospection et un CRM ?

Un tableau est statique et mis à jour manuellement. Un CRM automatise le suivi, détecte les doublons, synchronise les échanges et rappelle les relances de façon proactive. Le tableau convient pour démarrer seul avec un volume faible. Le CRM devient utile quand le volume ou la complexité dépassent ce que la discipline manuelle peut gérer de façon fiable.

À partir de combien de prospects faut-il passer à un CRM ?

Il n'y a pas de chiffre universel. Le bon indicateur, c'est quand tu passes plus de temps à chercher dans ton tableau qu'à prospecter, ou quand tu rates des relances importantes parce que tu n'as pas ouvert le fichier. Pour un indépendant, ce seuil arrive souvent autour de 40 à 60 contacts actifs en simultané.

Pourquoi mon tableau de prospection finit-il toujours par être abandonné ?

Parce qu'il nécessite une mise à jour manuelle après chaque échange, et que cette discipline tient tant qu'elle n'est pas en compétition avec des journées chargées. Ce n'est pas un défaut de volonté ; c'est un défaut de conception de l'outil. Un bon outil de suivi de prospection ne devrait pas dépendre entièrement de ta discipline pour rester à jour.

Peut-on utiliser Google Sheets comme tableau de suivi de prospection ?

Oui, et c'est souvent plus pratique qu'Excel pour commencer : accessible depuis n'importe quel appareil, partageable facilement, et les filtres fonctionnent bien. Les limites sont les mêmes qu'Excel : pas de relances automatiques, pas de synchronisation avec les emails ou l'agenda, et une discipline de mise à jour nécessaire. On en parle en détail dans notre article sur le suivi de prospects sur Google Sheets.

Qu'est-ce qu'un bon exemple de plan de prospection avec un tableau ?

Un bon exemple de plan de prospection s'appuie sur un tableau avec des statuts clairs, une colonne "prochaine action + date" filtrée chaque matin, et une distinction entre les contacts actifs et les contacts "froids" (en pause temporaire). L'objectif n'est pas d'avoir un beau fichier ; c'est d'avoir un système qu'on ouvre tous les jours et qui nous dit exactement quoi faire.

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