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Fichier de prospection : comment en créer un vraiment efficace

20 septembre 20269 min de lecture
Illustration de plusieurs fenêtres de fichiers superposées représentant un fichier de prospection
Alexia, co-fondatrice de Yuply
Par Alexia de Yuply

La plupart des indépendants ont déjà un fichier de prospection. Mais le problème, c'est que souvent, il ressemble plus à un cimetière de prospects. Soixante noms, cinquante adresses mail, et pas beaucoup de résultats derrière...

J'ai passé +2 ans à faire de la prospection commerciale B2B, puis j'ai accompagné +40 indépendants et TPE dans leur acquisition.

Aujourd'hui, je vais essayer de te partager les meilleures pratiques terrain, pour des indépendants / TPE qui gèrent seuls leur pipeline commercial.

Un fichier de prospection, c'est quoi exactement ?

Un fichier de prospection (que certains appellent par abus de langage une base de données prospects) regroupe un ensemble de contacts susceptibles de devenir clients chez toi. Ce ne sont pas tes clients actuels, ni des anciens clients : c'est vraiment les personnes qui n'ont pas encore signé, mais qui pourraient le faire.

Mais attention, je vais faire une distinction importante pour le reste de l'article.

Selon le contexte, ça peut désigner 2 choses différentes :

  • Un fichier de prospection brut : une liste de prospects (souvent dans un format csv) qui provient d'un export depuis des outils tels que LinkedIn Sales Navigator. En d'autres termes : tu as fait une recherche de prospects précise et tu as téléchargé tous les résultats pour le réutiliser plus tard. Ce type de fichiers sert principalement à lancer des campagnes de prospection automatisées avec des outils comme Lemlist (on est en 2026, on travaille rarement à la main...) ou à faire du phoning éventuellement (mais pareil, c'est assez rare).

  • Un fichier de prospection (au sens plus large) est un hybride entre un annuaire et une espèce de fichier de suivi. Tu centralises tous tes contacts dans un fichier Excel et tu fais ton suivi ici : tu mets des couleurs, tu coches des cases et tu essayes de t'y retrouver... C'est comme si tu en faisais ton CRM informel. Ce n'est pas un simple fichier que tu glisses dans un outil pour automatiser ta prospection à tout bourlingue, c'est un fichier que tu vas faire vivre (ou laisser mourir) !

C'est de ce deuxième type de fichier que je vais te parler dans cet article.

Si jamais c'est sur le premier que tu cherchais des infos, cet article sur la prospection multicanale peut t'intéresser.

Bref, généralement ce type de tableau contient :

  • Les coordonnées (nom, prénom, email, téléphone)
  • Le contexte de la relation (d'où vient ce contact, comment vous vous êtes rencontrés)
  • Le stade de maturité (prospect froid, prospect tiède, devis envoyé, en attente...)
  • L'historique des échanges (dernier appel, dernier mail, ce qui a été dit)
  • La prochaine action à faire, avec une date

D'ailleurs, ce dernier point est souvent absent. Et c'est souvent ça qui fait que le fichier de prospection finit par mourir en quelques semaines...

Ce que ton fichier de prospection doit contenir (et ce qui ne sert à rien)

La tentation, quand on construit un fichier, c'est d'y mettre le maximum d'informations. Âge du dirigeant, chiffre d'affaires estimé, secteur d'activité, taille de l'entreprise... Résultat : un tableau de 40 colonnes que personne ne remplit jamais correctement.

Un fichier de prospection efficace, c'est le minimum utile. Ni plus, ni moins.

Voici les colonnes à inclure selon leur utilité réelle quand tu gères seul ton fichier prospection :

ColonneUtilitéPourquoi
Nom et prénomIndispensableIdentifier le contact sans ambiguïté
Email ou téléphoneIndispensablePouvoir le contacter
Source du contactIndispensableContextualise la relation dès le premier échange
Stade (froid, tiède, chaud, devis, perdu)IndispensablePermet de prioriser les relances
Date du dernier contactIndispensableÉvite les oublis et les relances trop tardives
Prochaine action et date prévueIndispensableC'est ça qui fait avancer le pipeline
Notes de l'échangeUtileRetrouver le contexte avant de relancer
Secteur d'activitéOptionnelPertinent si tu segmentes tes offres par profil client

La plupart du temps, quand tu exportes des prospects depuis un outil de recherche comme LinkedIn Sales Navigator, ces informations seront déjà remplies. Et si ce n'est pas le cas, tu peux "enrichir" (le mot technique pour "obtenir") ces données via des outils comme Apollo ou Phantombuster.

L'important c'est d'abord d'avoir les infos de contact pour... contacter ces prospects. Et plus tu as d'infos, mieux c'est pour avoir un maximum de contexte.

Comment construire ton fichier de prospection depuis zéro

Commence par ce que tu as déjà

Avant d'aller chercher de nouveaux contacts, ouvre ta messagerie. Il y a probablement des conversations restées sans suite avec des personnes qui avaient montré un intérêt. La plupart de nos clients chez Yuply ont beaucoup plus de facilité à trouver de nouveaux prospects depuis leurs réseaux sociaux car toutes leurs conversations sont détectées et alimentent automatiquement leur CRM. Si tu cherches des prospects, regarde d'abord tous tes échanges (avec ou sans réponse) dans ta boîte Gmail, ton compte LinkedIn / Instagram ou ailleurs.

Et même tes clients sont des pistes ! N'importe qui qui pourrait être intéressé par tes services ou bien qui pourrait te recommander, c'est parfait.

C'est ton premier fichier de prospection. Il existe déjà !!

Où aller chercher de nouveaux contacts

Pour enrichir ta liste de prospection, plusieurs sources concrètes :

LinkedIn reste la plus efficace en B2B, notamment grâce à LinkedIn Sales Navigator. La recherche par poste, secteur et localisation permet de cibler précisément. La base Sirene de l'INSEE recense toutes les entreprises en activité en France, avec filtres par secteur et taille d'effectif. Et les formulaires de contact de ton site, les salons professionnels, et ton réseau proche (anciens collègues, partenaires, prescripteurs) alimentent aussi le fichier, souvent avec des contacts déjà tièdes ce qui est encore mieux.

Tu peux aussi compter sur le fait de publier du contenu sur les réseaux sociaux et de récolter des contacts avec un "lead magnet".

À lire aussi : exemples de messages LinkedIn pour entrer en contact avec un prospect.

La règle de qualité : 30 contacts bien remplis valent mieux que 300 noms

Un fichier de prospection avec 300 noms et zéro note de contexte, c'est du stock mort. Tu ne sais pas d'où vient ce contact, ce qui a été dit, où il en est. Tu relances dans le vide, tu n'as rien de pertinent à lui apporter.

Un contact sans prochaine action planifiée n'est pas dans ton pipeline. Il est dans un oubli organisé.

Excel ou CRM : à quel moment ton fichier Excel s'arrête de suffire

Un tableau Excel ou Google Sheets peut tenir jusqu'à une trentaine de contacts actifs. Au-delà, trois problèmes apparaissent systématiquement (c'est mon retour d'expérience personnelle).

D'abord, tu ne sais plus qui relancer. Le tri par date de dernier contact te donne une liste, mais rien ne t'alerte automatiquement car tu dois penser à ouvrir le fichier. Résultat : tu l'ouvres quand tu as le temps, c'est-à-dire rarement.

Ensuite, les données deviennent incohérentes. Un contact est "à relancer" dans une ligne, mais tu lui as envoyé un mail il y a trois jours et tu n'as pas noté l'échange. Deux colonnes se contredisent, tu ne sais plus quoi croire.

Enfin, le fichier Excel ne parle pas à ta messagerie. Tu dois ressortir l'adresse du contact, copier son nom, retrouver le contexte, réécrire. Chaque relance te coûte 5 à 10 minutes de préparation rien que pour retrouver où tu en étais.

À partir de là, un outil conçu pour un solo qui centralise les contacts, les échanges et les rappels automatiques change vraiment la donne.

D'ailleurs, c'est exactement pour ça qu'on a construit Yuply, un CRM ultra-simple pour indépendants et petites structures. Tout est connecté à tes canaux, ton agenda, donc tu passes un minimum de temps à le remplir. Et surtout, tu as une vue d'ensemble sur ce qui compte le plus : qui relancer à l'instant T, et qui tu pourrais signer dans un futur proche.

Aperçu Yuply : relances du jour

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Le vrai problème avec les fichiers de prospection : on remplit, on ne relance pas

Voici ce qu'on observe régulièrement chez des freelances, consultants, formateurs et prestataires de services : on cherche de nouveaux prospects alors qu'on n'a pas encore fini avec les anciens. Chercher un nouveau prospect, ça coûte cher : du temps, de l'énergie, de la persévérance.

Ne sois pas comme la plupart des indépendants qui traitent leur fichier comme un entonnoir à sens unique. Si ça ne donne rien dans la semaine, ne passe pas à autre chose. Note-toi plutôt de revenir aux nouvelles plus tard, avec plus de contexte, plus d'éléments pertinents.

Une nouvelle campagne, de nouvelles connexions LinkedIn, bref une nouvelle liste de prospection, ça finit souvent par des dizaines de conversations entamées mais qui ne sont jamais bien relancées. Parce que la plupart du temps, certains prospects auraient dit oui six mois plus tard si quelqu'un avait pensé à les recontacter au bon moment.

À lire aussi : relance client : quand, comment, et pourquoi les bons timings font la différence.

Comment tenir ton fichier à jour sans y passer ta vie

La mise à jour d'un fichier de prospection doit être vraiment intégrée à ton flux de travail, sinon elle est juste ajoutée comme une corvée en fin de semaine (et tu finis par ne jamais le faire).

Concrètement : juste après chaque échange, tu notes deux choses. Ce qui a été dit (en deux phrases, ça suffit) et la prochaine action avec une date. "No next, no deal", c'est ce que me disait mon premier patron en start-up. C'est une règle : chaque contact doit amener à une prochaine étape, sinon à quoi ça sert ?

Si tu utilises un fichier Excel, un bloc de 15 minutes le vendredi suffit pour passer en revue les contacts dont la relance est prévue la semaine suivante. Si tu utilises un CRM pensé pour un solo comme Yuply, les rappels arrivent automatiquement et tu n'as plus à décider manuellement quoi relancer et quand.

Ce qu'on se demande souvent sur le fichier de prospection

Quelle est la différence entre un fichier de prospection et un CRM ?

Un fichier de prospection, c'est normalement une liste de contacts avec des informations de qualification. Un CRM, c'est un outil qui centralise ces contacts, enregistre l'historique des échanges et déclenche des rappels automatiques. Le fichier de prospection peut exister dans un format csv, dans un Excel ou Google Sheets alors qu'un CRM est une application dédiée.

Comment créer un fichier de prospection sur Excel ?

Pour du suivi de prospection, crée un tableau avec au minimum ces colonnes : Nom, Email ou Téléphone, Source, Stade, Date du dernier contact, Prochaine action, Date prévue, Notes. Trie par "Date prévue" pour voir en un coup d'œil qui relancer. C'est suffisant jusqu'à une quarantaine de contacts actifs. Ensuite, c'est plus optimal de basculer sur un vrai CRM avec toute une suite de fonctionnalités.

Comment mettre à jour son fichier de prospection sans y passer des heures ?

Si tu parles d'un fichier de prospection qui a vocation à être utilisé pour une campagne d'outreach automatisée, passe par des outils d'enrichissement tels qu'Apollo ou Fullenrich. Mais si tu parles d'un fichier de prospection type CRM "maison", mets-le à jour après chaque échange avec un prospect. Note le contenu de l'échange et planifie ta prochaine action avec le prospect.

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