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Suivi prospection : la méthode pour indépendants

2 septembre 202610 min de lecture
Indépendante au téléphone à son bureau, en train de relancer un prospect avec son ordinateur et son carnet de suivi
Alexia, co-fondatrice de Yuply
Par Alexia de Yuply

Si tu as cliqué sur cet article, tu es probablement dans l'une des deux options :

1 - Tu as des prospects quelque part. Dans un Google Sheet ouvert depuis quatre mois et jamais vraiment mis à jour. Dans un CRM configuré avec enthousiasme en janvier et à moitié abandonné depuis. Dans un tableau Notion organisé par couleur… et illisible depuis.

Dans tous les cas, je parie que tu ne leur as pas parlé depuis trop longtemps. Et c'est précisément là que le chiffre d'affaires se perd. Alors on va régler ça.

2 - Tu n'as pas encore de prospects et tu cherches à mettre en place une vraie stratégie de prospection et de suivi. Si c'est ton cas, je te conseille de commencer par notre guide pour créer ton propre plan.

Le suivi prospection n'est pas une question de volume. C'est une question de mémoire et de régularité. Alors ce guide ne te donnera pas une formule magique. Il va te donner une structure : celle qui permet à un indépendant, sans équipe commerciale, de garder le fil sans y passer sa journée.

Ce que "suivi prospection" veut vraiment dire

Le suivi de prospection, c'est l'ensemble des actions qui permettent de garder une relation active avec chaque prospect, depuis le premier contact jusqu'à la décision. Pas uniquement les relances, pas uniquement la gestion du CRM. Mais tout le fil conducteur entre "on s'est parlé" et "il a signé, ou clairement décliné".

Ça comprend : savoir où en est chaque prospect dans sa réflexion, savoir quand le recontacter et avec quelle raison valable, avoir les informations utiles accessibles en quelques secondes, et avoir une vue claire des priorités. Qui relancer cette semaine. Qui peut attendre, etc.

Ce que ça ne comprend pas : courir derrière chaque prospect avec un message tous les trois jours. Le suivi prospection commerciale efficace n'est pas une question d'insistance.

Pourquoi ton suivi de prospection déraille (sans que tu t'en rendes compte)

La plupart des indépendants perdent des deals non pas parce qu'ils ont prospecté au mauvais moment, mais parce qu'ils n'ont pas de système pour revenir vers les bons prospects au bon moment. Ils créent de nouvelles listes, écrivent de nouveaux messages, partent à la recherche de nouveaux contacts. Pendant ce temps, une douzaine de conversations commencées restent sans suite. Des prospects qui avaient dit "rappelle-moi en septembre" sont oubliés. Des devis envoyés n'ont jamais été relancés.

Fais le test : regarde dans ton suivi si chaque prospect a une date associée. Une date à laquelle tu dois reprendre contact avec lui (que ce soit pour prendre la température, le relancer sur un sujet spécifique, lui demander une mise en relation, etc.).

C'est un premier point crucial : une date par contact, constamment mise à jour.

Il y a une autre (fausse) conviction très répandue : si un prospect ne répond pas, c'est qu'il n'est pas intéressé. Alors on passe à autre chose, on cherche de nouveaux contacts, on repart à zéro.

C'est très rarement vrai.

La plupart du temps, la relance échoue parce qu'elle arrive sans raison valable, trop tôt, trop tard, ou avec un message générique qui n'apporte rien de nouveau. Le prospect n'a pas changé d'avis : il a juste une vie bien chargée et il n'a tout simplement pas eu de raison ou de temps pour te répondre.

Une règle que je partage à tous les indépendants : le problème est rarement du côté du prospect. Tout se joue de ton côté : ton approche, ton système.

Sans suivi structuré, voici ce qui arrive grosso modo : un premier échange prometteur a lieu. Tu fais une proposition et tu te notes mentalement de "relancer". Trois jours passent, puis une semaine, un mois. Tu finis par envoyer un message générique qui n'apporte rien. Pas de réponse. Et… tu reclasses inconsciemment cette opportunité comme perdue.

Ce qu'un bon tableau de suivi de prospection doit contenir

Avant de parler d'outils sophistiqués, parlons du minimum viable. Un tableau suivi prospection digne de ce nom doit contenir, pour chaque contact :

  • Le statut actuel : est-il à contacter, en cours de discussion, en attente d'une réponse de ta part, en attente d'une réponse de la sienne, en veille jusqu'à une date donnée, ou archivé ? Six statuts suffisent. Plus tu en crées, plus le tableau devient difficile à maintenir.

  • La date du dernier contact : pas "récemment" ni "en mars", mais une date précise. C'est ce qui t'empêche de te tromper, et qui te permet d'être plus sharp dans le suivi.

  • La prochaine action prévue, avec une date : "relancer le 3 septembre" est facile à exécuter. "À relancer" l'est beaucoup moins. Un prospect sans prochaine action datée est secondaire dans ton pipeline, même s'il est techniquement dans ton tableau, car il attend que tu fasses un choix. Alors que quand tu notes une prochaine action datée, tu poses un ultimatum.

  • Un résumé des derniers échanges : ce qu'il cherche, ce qu'il a dit, ses contraintes, ses hésitations. Le but ici n'est pas de compléter un CRM comme un formulaire, mais vraiment de récolter les infos clés et de ne pas s'embrouiller sur les échanges.

Tableau suivi prospection ou CRM : quoi choisir vraiment

C'est la question qu'on finit tous par se poser : où est-ce que je fais mon suivi ?

Pour moi, il n'y a pas de règle universelle, parce que la réponse dépend de ton volume et de tes habitudes. Je te mets les deux options les plus courantes (que j'ai testées et utilisées de long en large pendant ma carrière en tant que commerciale, puis marketing officer, puis indépendante) ci-dessous.

1 - L'outil CRM (Customer Relationship Management). Il prend tout son sens quand tu as plus de prospects actifs que tu peux en mémoriser, quand les délais entre les échanges s'allongent, ou quand tu veux que les rappels arrivent sans que tu aies à y penser.

Mais attention, grosse nuance. La majorité des CRM sont logiquement conçus pour des entreprises (avec des équipes de plusieurs personnes). Alors ce que HubSpot, Salesforce et Pipedrive font très bien, c'est gérer des équipes de vingt commerciaux avec un pipeline de plusieurs centaines d'opportunités. Pour un indépendant, un freelance ou un consultant solo, ces outils sont souvent surdimensionnés, complexes ou coûteux. C'est la raison pour laquelle j'ai créé Yuply, après avoir passé deux ans à chercher une solution adaptée pour mon activité et celle de mes 40 clients indépendants à l'époque.

Mais si tu te demandes quel CRM est le plus adapté pour toi, je te laisse checker notre comparatif des CRM pour indépendants.

2 - Le tableau (Excel, Google Sheets, Notion) fonctionne très bien jusqu'à une vingtaine de prospects actifs. Il est rapide à mettre en place, ne demande aucune formation et ne coûte rien. Son vrai problème : sans rappels automatiques, il te demande un effort (qui paraît petit mais qui en réalité fait toute la différence) de penser à le consulter. Dès que ton activité prend du galon (et je te le souhaite), les informations se perdent et les relances passent à travers les mailles.

J'en suis arrivée au constat que ce qu'il faut, c'est quelque chose qui se remplit quasi automatiquement, qui rappelle qui relancer et quand, et qui ne demande pas un temps de saisie important toutes les semaines pour rester à jour. Si l'outil coûte plus de temps à maintenir qu'il n'en fait gagner, tu vas l'abandonner très vite.

Les 4 règles d'un suivi prospection commerciale qui tient dans le temps

Règle 1 : chaque prospect a toujours une prochaine action datée. Pas "à voir", pas "en attente". Une action et une date. Si tu ne sais pas quoi faire avec un prospect, décide : soit tu le relances à une date précise avec une raison, soit tu le mets en veille avec un rappel dans 90 jours, soit tu l'archives. Aucun prospect ne reste dans un statut flou indéfiniment. En d'autres mots : ne tourne pas autour du pot !

Règle 2 : tu relances avec quelque chose. Une relance qui commence par "juste pour avoir de tes nouvelles" arrive presque toujours sans raison valable. Une relance qui dit "j'ai pensé à toi en lisant ça" ou "on vient d'obtenir ce résultat pour un profil similaire au tien" a déjà plus de raison d'être là. Alors je ne te demande pas de te prendre la tête sur le copywriting et de peser chaque mot, mais essaye toujours d'être au maximum dans la pertinence. Et justement, le timing et la pertinence s'améliorent quand tu as tous les éléments (dates, contexte, actions) dans un tableau !

Règle 3 : un prospect chaud refroidit si tu attends. C'est bête, hein, mais c'est très vrai. Un prospect chaud, par définition, a une fenêtre d'intérêt courte. Quelqu'un qui vient de te contacter, qui traverse exactement le problème que tu résous, ou qui t'a demandé de le rappeler dans deux semaines ne sera pas dans le même état d'esprit dans deux mois. Le suivi prospection sert aussi à ne pas rater ces fenêtres précises. Bats le fer tant qu'il est chaud !

Règle 4 : tu distingues "en attente" et "perdu". Un prospect qui ne répond pas depuis deux semaines n'est pas perdu ! Un prospect qui a dit non clairement l'est (et mérite d'être archivé proprement). La confusion entre les deux remplit les pipelines de bruit et rend le tableau illisible. Mon conseil : archive ce qui est vraiment terminé et garde visible ce qui mérite encore une action.

Aperçu Yuply : relances du jour

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L'erreur qu'on fait tous, et qui coûte cher

On cherche de nouveaux prospects alors qu'on n'a pas encore fini avec les anciens.

C'est l'observation qui me revient le plus souvent après avoir passé deux ans à accompagner des indépendants. Des dizaines de conversations commencées, jamais conclues, ni dans un sens ni dans l'autre. Des clients satisfaits qu'on n'a jamais recontactés pour une deuxième mission ou une recommandation. Des prospects tièdes qui auraient dit oui six mois plus tard si quelqu'un avait pensé à les rappeler au bon moment.

Les nouvelles opportunités coûtent cher à aller chercher : temps, contenu, prospection, messages à froid. Celles qui existent déjà dans le pipeline demandent juste de la rigueur et de la mémoire ! Donc maximise l'existant.

Chez Yuply, on l'observe avec plus de 250 utilisateurs indépendants : les premiers résultats ne viennent pas de nouvelles listes. Ils viennent de la réactivation de conversations qui traînaient depuis des mois, avec des prospects qui avaient juste besoin qu'on revienne au bon moment avec la bonne raison.

Questions fréquentes sur le suivi de prospection

Combien de relances faut-il prévoir avant d'abandonner un prospect ?

Il n'y a pas de chiffre universel. Ce qui compte, c'est qu'à chaque relance tu apportes quelque chose de nouveau : une information, un résultat pertinent, une question ouverte. Si tu n'as rien à dire, attends d'avoir quelque chose. Mais au bout de trois relances sans réponse et sans raison de croire que le timing va changer, mets le prospect en veille avec un rappel dans 60 ou 90 jours.

Quelle est la différence entre suivi prospection et suivi client ?

Le suivi de prospection concerne les personnes qui ne sont pas encore clientes : qualification, relances, transformation en client. Le suivi client commence après la signature et porte sur la fidélisation, les missions complémentaires, les recommandations. Les deux nécessitent un système ; beaucoup d'indépendants gèrent le premier mais oublient le second.

Est-ce qu'un tableau Excel suffit pour le suivi de prospection ?

Oui, jusqu'à un certain volume. En dessous d'une vingtaine de prospects actifs, un tableau suivi prospection Excel gratuit bien structuré fait parfaitement le travail. Au-delà, l'absence de rappels automatiques devient un vrai problème : le tableau est à jour uniquement si tu penses à le mettre à jour toi-même. C'est là que les opportunités passent à travers les mailles.

Comment structurer les statuts dans un tableau de suivi de prospection ?

Six statuts suffisent : À contacter / En cours / En attente de ma réponse / En attente de leur retour / En veille jusqu'à [date] / Archivé. Plus tu multiplies les catégories, plus le tableau est difficile à maintenir et impossible à lire en un coup d'œil.

Quelle fréquence pour mettre à jour son suivi de prospection ?

Après chaque interaction (appel, mail, message LinkedIn), prends trente secondes pour mettre à jour le statut et noter la prochaine étape. Puis une fois par semaine, fais un tour complet pour vérifier ce qui est en retard et planifier les relances de la semaine à venir. Idéalement, certains outils CRM le font automatiquement pour toi.

Comment ne pas sembler insistant dans ses relances ?

En apportant quelque chose à chaque fois. Une relance qui insiste est celle qui répète le même message sans raison nouvelle. Une relance bienvenue apporte un article pertinent, un résultat terrain, une question qui montre que tu as pensé à leur situation.

Suivi prospection et pipeline commercial, c'est la même chose ?

Pas tout à fait. Le pipeline commercial est la représentation visuelle de l'avancement de chaque opportunité (par étapes : prospect, qualifié, devis, négociation, signé). Le suivi de prospection est le processus qui fait avancer les prospects dans ce pipeline : les actions, les relances, les points de contact. L'un est la carte, l'autre est le chemin.

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